Après avoir mis en scène pendant 25 ans l’univers visuel de grandes marques et d’enseignes telles que les Galeries Lafayette, Marie Belgacem cherche à donner du sens à sa créativité et prend son envol vers l’art. 


Son thème de travail sera l’empreinte, témoignage pérenne de l’impermanence de toute chose. L’empreinte symbolise à la fois l’idée de présence et d’absence, de souvenir et d’oubli, de passé et de présent. L’objet imprimant sa trace dépose avec elle un univers immatériel chargé de mémoire, créant ainsi du sens par son absence.


Aujourd’hui, l'artiste questionne le public sur notre société contemporaine, oublieuse du sens de l’histoire, de l’héritage et de la transmission, en mettant en relief un patrimoine culturel d’exception : la dentelle faite main

 

Marie Belgacem, née à Paris en 1964, est artiste plasticienne et se définit comme passeuse de mémoire. L’originalité de sa démarche la situe à la croisée du monde de l’artisan d’art, de l’anthropologue et du chercheur.

Fascinée par les théâtres que sont les vitrines des magasins, elle se formera au métier de scénographe puis à l’architecture d’intérieure, ce qui forgera son imaginaire peuplé de personnages et de motifs ornementaux.

Parallèlement à son métier, elle créé des œuvres graphiques en expérimentant les traces d’objets laissées dans la matière.

En 2013, l’artiste observe une dentelle faite main à travers un compte-fils et c’est la révélation ! La finesse de l’ouvrage, l’élégance des motifs, la difficulté du labeur des dentellières d’autrefois la touchent au cœur.

Son travail devient alors engagement politique car la dentelle, fabriquée dans la misère et portée dans la lumière par les têtes couronnées, symbolise comme nul autre ouvrage les deux extrémités de l’échelle sociale.

Questionnant notre société contemporaine, oublieuse du sens de l’histoire, de l’héritage et de la transmission, Marie Belgacem œuvre à mettre en lumière les dentellières, paysannes anonymes et ouvrières de l'ombre.

En 2016 la première exposition a lieu à Clichy la Garenne près de son atelier. Un an plus tard elle devient membre de la Fondation Taylor.